Définition
Une doctrine de la responsabilité délictuelle selon laquelle le défendeur est responsable de l’intégralité des blessures d’un demandeur, même si ces blessures sont exceptionnellement graves en raison d’une vulnérabilité physique ou psychologique antérieure ; le défendeur « prend le demandeur tel qu’il est ».

Principe

Principe
L’acteur responsable doit répondre de tous les dommages, prévisibles ou non, dès que son acte fautif est un facteur substantiel de la lésion ; une fragilité antérieure n’atténue pas l’obligation d’indemniser.

Démonstration

Démonstration
Un automobiliste heurte par derrière un cycliste et, sans le savoir, ce dernier souffre d’une maladie osseuse préexistante ; la fracture est catastrophique et beaucoup plus grave que pour une personne ordinaire : le défendeur demeure responsable de l’ensemble des dommages.

Mauvaise application

Mauvaise application
Appliquer la règle pour prétendre à une responsabilité complète alors que la condition antérieure du demandeur était la cause unique et que l’acte du défendeur n’a joué qu’un rôle trivial ou non lié.

Conséquence

Conséquence
Les victimes vulnérables reçoivent une indemnisation complète pour les dommages causés par l’acte fautif d’autrui, empêchant le défendeur de se dérober en invoquant la fragilité du demandeur.

Inversion

Inversion
Considérer le demandeur comme doté d’une résistance normale et réduire les dommages parce qu’une personne « type » n’aurait pas subi autant de préjudice ; cette inversion fait peser la perte sur la personne blessée.

Limite

Limite
S’applique en matière de négligence et de délits intentionnels lorsque le comportement du défendeur est une cause juridique du dommage ; elle ne transforme pas des maladies entièrement indépendantes en préjudices imputables au défendeur ni ne s’applique quand il n’y a pas de causalité.

Tension sémantique

Tension sémantique
Tension avec les doctrines de causalité liante (proximate cause) qui limitent la responsabilité aux dommages prévisibles ; les tribunaux évaluent si le type de dommage résultait de l’acte du défendeur même si l’ampleur était imprévisible.

Synthèse

Synthèse
La règle du plaigant à crâne fragile unit causalité et responsabilité : dès que la conduite fautive contribue matériellement au dommage, le défendeur assume la responsabilité totale du résultat réel, y compris l’aggravation due à la vulnérabilité préexistante du demandeur.